LegalTech 2018 : où allons-nous ?

2015–2016, la LegalTech éclot en force : une cinquantaine de startups créent et lancent en France leur site web, proposant aux particuliers et aux professionnels des services juridiques dématérialisés. Le mouvement s’essouffle en 2017, puisque « seulement » 15 LegalTechs se créent cette année. Essoufflement de l’innovation, mais essor du succès. Pour preuve : 12,8 millions d’euros de fonds levés en 2017 toutes startups de la LegalTech française confondues. Etat des lieux, cartographie et projections : 2018 sonne l’heure du bilan. Et peut-être le moment pour vous, si ce n’est déjà fait, de tester une de ces nouvelles technologies en vogue ?

 

La LegalTech est en réalité au service des professionnels du droit

D’accord, une majorité des LegalTechs (39 % en 2018) se concentrent sur la génération automatisée d’actes et documents juridiques. Ce service en particulier s’adresse au justiciable et vise à réduire sa facture. Dans le même temps, il empiète sur l’activité de l’avocat — même si la rédaction d’actes n’est pas nécessairement sa tâche de prédilection.

Mais pensez-vous pouvoir rencontrer un seul fondateur de startup du droit en ligne capable d’affirmer qu’il engage sa responsabilité dans le service qu’il fournit ? Trop craintif, et à raison, il a tout intérêt à se protéger : en s’adjoignant les services d’un professionnel du droit.

La startup semble vendre du service juridique à prix bas. Alors qu’en réalité, il s’agit d’une interface tech qui joue le rôle d’intermédiaire entre le client et un professionnel. Un professionnel, toutes générations confondues, qui affirme sereinement — voir nos interviews précédentes :

Aucune technologie, aucun logiciel ni aucun robot ne remplacera jamais le conseil d’un avocat.

Ceci explique cela : en 2017, plus de la moitié des levées de fonds réalisées par les startups de la LegalTech doivent leur réussite à des avocats et autres professionnels du droit. Finie l’époque où ces investisseurs appréhendaient la LegalTech comme une menace, ce sont désormais eux qui la financent. Et elle leur rend bien.

Avocats ont tout intérêt à « s’associer » à une LegalTech

Si 18 % des acteurs de la LegalTech sont des professionnels du droit, une écrasante majorité est représentée par des startups. C’est donc dans une optique de partenariat « win-win », pour reprendre les termes d’un avocat interrogé à ce sujet, que professionnels du droit et startups de la LegalTech doivent désormais avancer ensemble. En dématérialisant le droit, pour réduire les coûts facturés au justiciable : les bénéfices des retombées de cet accès facilité au droit profitent tant aux justiciables, qu’aux startups de la LegalTech et aux avocats.

Les sites de fournitures de services juridiques dématérialisés ont besoin de professionnels du droit quel que soit leur activité :

  • Indépendants ou associés, nombreux sont les avocats d’ores et déjà référencés sur les plateformes de mise en relation B2B ou B2C.
  • Pour la création et la gestion d’entreprise, les startups proposent les conseils d’avocats en ligne.
  • Les LegalTechs initialement spécialisées dans la génération automatisée de documents et actes juridiques personnalisés fournissent désormais, pour la plupart, un service de conseil par un avocat.

Sécurité des données et signature électronique, information juridique, justice prédictive et logiciels de gestion de process au service des professionnels du droit, les autres purs produits LegalTech sont dédiés aux avocats. Seules les plateformes de résolution de litiges en ligne semblent encore résister : elles proposent de dématérialiser certains actes de procédure — mises en demeures, saisines et assignations. Aucun avocat présent ni bienvenu de leur côté.

In fine, le LegalTech vise les avocats — pour s’en adjoindre les conseils ou pour leur proposer des services tech. D’un côté ou de l’autre, il est temps de profiter de cette opportunité.

De la rédaction d’actes aux solutions de gestion : zoom sur les outils à connaître

Parmi les principaux services juridiques dématérialisés à l’adresse des particuliers et des professionnels (créateurs d’entreprises, commerçants…), on recense :

  • Les plateformes généralistes : de la génération automatisée d’actes personnalisés à la création et la gestion d’entreprise, de nombreux sites se positionnent multi-services et prestations clé en main. La plupart des startups proposent par le biais de ces plateformes une mise en relation avec des professionnels du droit, en B2B et en B2C. Cette forme de LegalTech est de plus en plus répandue, et évince les LegalTechs autrefois dédiées exclusivement à un type unique de services — création d’actes, mise en relation ou gestion d’entreprise.
  • Les plateformes spécialisées : logiciels de pilotage des AG, gestion comptable de l’autoentreprise, notaire en ligne, optimisation successorale, PACS… certains sites se cantonnent à un domaine d’activité.
  • Les services de résolution des litiges en ligne, dédiés à la défense du consommateur.

A titre résiduel — mais fort à parier que leur succès n’est qu’à ses débuts — les LegalTechs interviennent également dans le domaine de la sécurisation des données et des process de signature électronique, et se positionnent pour exploiter l’ouverture des données au public en vue d’une justice prédictive. Quelques startups exploitent pour leur part le secteur du financement d’actions en justice et l’arbitrage B2B.

A l’adresse des professionnels du droit — avocats indépendants et cabinets — les outils métier et les solutions de gestion interne sont en plein essor. Permettant d’automatiser la plupart des tâches à faible valeur ajoutée, ces logiciels et plateformes SaaS — parmi lesquels Case.one — sont un complément utile dans l’activité de l’avocat.

 

Por Case.one France

Fonte: https://medium.com/@caseonefrance/legaltech-2018-o%C3%B9-allons-nous-da3d103ca619

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